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Pornographie Multimédia ou CyberPorno

On ignore la quantité de documents pornographiques déjà présents sur Internet. Des estimations prudentes prétendent qu'entre 30 et 45 pour cent des images numérisées diffusées par Internet sont pornographiques.
Un peu moins de la moitié des informations qui y circulent quotidiennement sont à caractère explicitement sexuel. Les sites pornographiques commerciaux se targuent de recevoir environ 150 000 visites par jour. Les plus populaires des "moteurs de recherche" (les répertoires permettant de rechercher des informations sur un terme ou un sujet spécifique) affirment que le terme le plus demandé (avec plus de 2 millions de recherches par mois) est le mot "sexe".
L'expansion d'Internet a conduit à un développement imprévu de l'érotisme et de la pornographie. Les photographies de pin up et de mannequins aux seins nus côtoient souvent des images pornographiques illégales à caractère souvent fétichiste ou violent.
Ces images crues ou violentes sont potentiellement accessibles au monde entier, y compris aux jeunes enfants. Les documents qui ne circulaient autrefois que dans des cercles parallèles tels que les réseaux pédophiles sont aujourd'hui mis à la disposition de tous.
Afin de contrecarrer cette tendance, mouvement principalement lancé par les autorités publiques agit en faveur de la création d'un système permettant de contrôler le contenu d'Internet et le public qui y a accès, éventuellement par le biais d'un organisme régulateur. Malheureusement, la taille d'Internet et sa vitesse d'expansion rendent ce projet pour l'heure irréaliste.
Le nombre de pages d'information diffusées sur Internet connaît une croissance de 3 000 pour cent par an, soit plus de 1 pour cent par jour. Il faudrait d'ores et déjà 450 ans pour lire chacune de ces pages.
Les partisans d'un contrôle du contenu d'Internet font pression sur les fournisseurs de services (qui vendent des voies d'accès à Internet) pour qu'ils limitent ou bloquent l'accès aux forums connus pour leur caractère sexuel. Bien que ce soit techniquement possible dans certains secteurs d'Internet, de nouvelles pages et des sites secrets sont créés à chaque instant.
Indépendamment de l'aspect logistique, les fournisseurs d'accès rechignent à se livrer à ces contrôles aux relents de censure qui bafouent la liberté d'expression actuellement prônée par la communauté des "Internautes".

Internet n'en est toutefois qu'à ses balbutiements, et la polémique entourant l'accès à son contenu peut encore être résolue par l'élaboration de nouvelles technologies ou l'adoption de nouvelles législations. En attendant, Internet a entrepris quelques efforts d'autorégulation. Des systèmes de vérification tentent de limiter l'accès des sites pour adultes aux personnes capables de prouver leur âge à l'aide d'un numéro de passeport ou de carte de crédit, et la plupart des logiciels de navigation sont désormais dotés de dispositifs de contrôle parental.

Aux États-Unis, un organisme bénévole appelé Comité consultatif des logiciels récréatifs sur Internet a élaboré un système de classification allant de 0 pour les documents contenant tout au plus d'innocents baisers et des romances, jusqu'à 4 pour ceux montrant de manière explicite des actes ou des crimes sexuels.
Le problème de cette classification est qu'elle ne prend pas en compte le contexte des documents diffusés. Ainsi, une photographie pornographique de femme sera classée dans la même catégorie que le tableau de Botticelli intitulé "La Naissance de Vénus".
Les spécialistes encouragent les parents à se familiariser avec la technologie d'Internet afin de disposer des connaissances et du savoir-faire nécessaires pour assumer la responsabilité première de l'heure et du lieu des consultations effectuées par leurs enfants.